Les joueuses de foot norvégiennes seront désormais aussi bien payées que leurs homologues masculins lors de leur sélection en équipe nationale. Une avancée rarissime dans le football professionnel, où les inégalités de rémunération entre les athlètes hommes et femmes atteignent des sommets.

À titre d’exemple, Neymar, prodige brésilien recruté à prix d’or par le Paris-Saint-Germain, empoche 36,8 millions chaque année, soit environ 3 millions d’euros par mois. La joueuse la mieux payée du monde, la Brésilienne Martha Vieira da Silva, gagne environ 343 000 euros par an , soit près de 28 500 euros mensuels. Et en France, les joueuses évoluant au plus haut niveau glanent un salaire moyen de 4 000 euros bruts, bien loin de la moyenne des 75 000 euros bruts gagnés par les footballeurs pros en Ligue 1.

Même constat d’échec en sélection nationale : cet été les Bleues auraient dû se contenter de 15 000 euros par joueuse en cas de victoire à l’Euro de football. Si Griezmann, Payet, Giroud et ses acolytes avaient battu le Portugal en finale de leur Euro, ils auraient, eux, empoché une coquette prime de 300 000 euros.

Un salaire doublé pour les femmes en sélection nationale

La Norvège n’était jusque-là pas épargnée par ces disparités. Étonnant pour un pays qui truste la troisième marche du podium mondial pour l’égalité des sexes (selon un classement du Forum Économique Mondial). Les athlètes sélectionnées en équipe nationale devaient jusqu’à présent composer avec une enveloppe de l’ordre de 320 000 euros pour l’ensemble du collectif.

Une somme bien inférieure à celle de leurs homologues masculins, alors même que les Norvégiennes évoluent à la 14ème place mondiale au classement FIFA et peuvent se targuer d’un palmarès bien plus étoffé : un titre olympique, une victoire au mondial et deux titres européens. Rien, en revanche, pour les Norvégiens, relégués à la 73ème place mondiale. Une disparité corrigée le 6 octobre grâce à l’accord signé avec la Niso, l’association de joueurs norvégiens. Les deux équipes nationales encaisseront désormais l’équivalent de 640 000 euros chacune.

« Merci de faire ce petit pas pour les femmes athlètes, de vous engager pour l’égalité »

Pour sceller cette égalité salariale parfaite, les joueurs de la sélection masculine ont renoncé à près de 58 000 euros. Des revenus liés à leurs activités commerciales, qu’ils reverseront désormais à la section féminine. La capitaine Caroline Graham Hansen a salué cet effort sur son compte Instagram :

« C’est peut-être un petit geste pour vous. Cela ne se verra peut-être même pas dans votre salaire (...). Mais cela veut tout dire pour nous, pour notre équipe et pour notre sport ! Vous entendre dire que nous devrions tous être payés de la même manière me donne envie de pleurer. Merci de faire ce petit pas pour les femmes athlètes, de vous engager pour l’égalité, tout en nous aidant à poursuivre nos rêves plus facilement ».

This was maybe a small thing for you to do for us. This will maybe not show in your monthly wages. This was maybe an obvious move for you to do! This though means everything for us! For our team! For our sport! But not at least for all the female athletes out there, who does the same work, same sport as men's do, but get paid less! For you to say that equal pay is how it should be, makes me wanna cry! Makes me Wanne hug you all! Thank you for making this step for female athletes. For showing equality and for helping us all, making it a bit easier, to chase our dreams. To make them come true! RESPECT #equalgame #equalpay

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Ce n’est pas la première fois que les Norvégiennes sont en pointe du combat pour l’égalité sur le terrain. En 2015, elles avaient déjà marqué les esprit avec une vidéo parodiant leur prétendue incapacité à manier le ballon rond. Quatre minutes de fausses larmes, de tirs ubuesques, et d’astuces saugrenues pour contourner leur syndrome présumé de pied carré chronique :

Quelques tacles satiriques ne suffisent malheureusement pas toujours à gagner le combat pour l’égalité entre les athlètes hommes et femmes. Cinq joueuses américaines ont dû saisir les tribunaux en 2016 afin d’obtenir coûte que coûte une revalorisation salariale de la part de leur fédération.