Les héros du film Toy Story avaient sensibilisé les gamins des années 1990 au destin tragique des jouets délaissés. À chaque anniversaire, une nouvelle grappe de figurines flambant neuves en remplacent d’autres. Les joujoux relégués au rang d’antiquité sont bons à entasser au fond d’un tiroir. Jetés dans l’indifférence générale, alors qu’ils auraient pu ravir d’autres têtes blondes à quelques pâté de maison de là.

Depuis plus d’un an, Magali Ronsmans, 40 ans, s’est mise à sauver ces barbies, Lego, petites voitures et autres peluches encore en bon état. Début 2017, cette spécialiste de l’environnement a créé Looops, une association de collecte de jouets basée à Anderlecht, dans l’ouest de Bruxelles :

« Au fil des ans je me suis rendue compte qu’on cumulait énormément de jouets, d’abord dans la chambre des enfants, puis dans le salon et dans toute la maison. Je me suis dit qu’il y avait vraiment quelque chose à faire par rapport à la récupération de ces jouets », confie cette mère de deux filles.

« Notre but à terme c’est de sensibiliser les gens à cette notion du réemploi »

Et si cette spécialiste de l’environnement a décidé de consacrer tout son temps libre à amasser des kilos de jeux désavoués par leurs petits propriétaires, ce n’est pas seulement par souci pratique :

« Notre but à terme c’est de sensibiliser les gens à cette notion du réemploi, et pas uniquement de se dire “ on a des moyens donc on achète des jouets neufs et puis on les donne aux enfants défavorisés ” (...). On veut pouvoir toucher un public aussi large que possible et leur démontrer que des jouets déjà utilisés sont tout aussi beaux que des jouets neufs », confie Magali Ronsmans.

Parce que ces jouets qui sortent de l’usine viennent de loin. 75% des cadeaux offerts aux enfants dans le monde sont façonnés en Chine. En limitant le nombre d’importations, l’impact environnemental est moindre et la planète se porte mieux.

D’autant plus que les pièces recyclées sont solides et triées sur le volet : « On récupère énormément de jouets en bon état, de bonne qualité, qui ont tenu quelques années ou n’ont été utilisés que quelques mois par les enfants », confie Magalie Ronsmans.

Une collecte qui s’appuie sur de nombreux acteurs locaux

Cette consultante en communication sociale et environnementale s’active dans son atelier, un ancien hangar perché sur les quais bétonneux du canal Bruxelles-Charleroi. La quadragénaire dépose une caisse pleine de gros jeux de construction sur une large étagère en bois.

C’est dans ce petit local que tous les jouets récupérés à Bruxelles transitent chaque semaine. Appuyée par quatre autres bénévoles, Magalie Ronsmans a construit des partenariats avec quelques entreprises belges, qui disposent de bacs de collecte multicolores pour leurs employés. Les particuliers sont, eux, invités à déposer ces jeux à l’association ou dans des magasins partenaires, lors d’opérations spéciales.

Les jouets sont ensuite nettoyés et remis à neuf par un atelier qui emploie des salariés en situation de handicap. Après ces quelques étapes de remise en forme, les poupées, jeux de construction ou autres Playmobils sont donnés à des associations d’aide à l’enfance, loués pour garnir les salles d’attente des médecins ou revendus à d’autres familles.